2009-12-12

De l'identité nationale

Le gouvernement de N. Sarkozy, car F. Fillon n'est clairement pas le chef, via les bons offices d'E. Besson, nous fait le coup de l'« identité nationale » ; un soit-disant grand débat qui ressemble plus à une propagande/communication plus ou moins bien montée comme nouveau sujet politique servant de contre-feu essentiellement médiatique à tous les vrais débats qu'il ne veux pas voir évoqués. J'ai tout de suite pensé que la com style « Regardez le kiki du chef, il est gros, il est beau, tout le monde le veux, la preuve : il brille », ne marchant plus trop, se trouvait remplacée par le classique « N'oubliez pas, bonnes gens, vous avez tous un nombril. Où que vous allez, il viens avec vous. Et vous pouvez le tordre comme vous voulez, jamais il ne proteste. » Avec le récent contre-chant sécuritaire, c'est maintenant évident.

De l'identité

Il y a traditionnellement deux façons de parler d'identité. On peut prendre des exemples, des cas particuliers, et adhérer ou non. Et on peux philosopher, faire du vent avec des mots que personne ne comprend. Personnellement, je préfère user de l'analogie des « bulles ». Posons quelques postulats de base : l'identité est ce en quoi l'on s'identifie, le groupe auquel on appartient, nos semblables. Bon, ensuite, il faut admettre que l'être humain construit sa personnalité, son ego, sur ce principe d'identification, où apprendre c'est se positionner dans ou hors le cercle, ce périmètre symbolique du groupe, de la bulle. La première bulle est le moi, l'ego, indispensable, mais, contrairement à certaines croyances, non exclusif. Car très vite on découvre plein d'autres bulles : on est soit garçon soit fille, on appartient à une famille, on habite dans une ville, dans une région, dans un pays, sur un contient. Mais on peut être soit blanc soit noir, soit croyant soit athée, avoir sa carte du PC ou non. J'ai même été élève du CM2 A3 des Acacias, ailier au Handball et employé chez Bull, c'est vous dire. Je pourrais très longtemps continuer cette accumulation de groupes, de bulles auxquelles chacun peut appartenir ou non ; ils sont innombrables, certains sont variables, d'autres sont constants. Malheureusement, au cours de leur développement, certaines personnes s'arrêtent dans la découverte, s'accrochent à une ou quelques bulles évidentes, puériles ou futiles : « On fera un homme de toi, mon fils », « On a toujours voté à droite dans la famille » ou « casses-toi, sale arabe ». Alors que j'aimerais tant que chacun pense comme moi que le vrai, le beau, le juste peut aussi être dans la bulle d'à-coté, que je m'enrichis à chaque découverte, même si ça fait un peu peur, si ça sent pas comme à la maison ou si pour échanger des idées il faut apprendre un nouveau code.

De la nation

Malheureusement, le concept de nation est bien plus souvent fantasmée ou rêvée que constatée et analysée. Bêtement, avec mon vieil esprit cartésien, je pensais que pour aborder une problématique telle que l'identité nationale, il était raisonnable de commencer par assembler et compiler une basse de connaissance actualisée et validée ; ainsi, il eu été normal, pour moi, de nous tourner d'abord vers l'INSEE, vers des sociologues, des historiens et chercher à obtenir, grâce au savoir de multiples spécialistes, une image la plus réaliste possible de notre communauté. Il ne serait pas illogique de compléter cette étude factuelle par des études d'opinion de type sondage, tant que ceux-ci ne soient pas orientées ou biaisées et réalisées sur de très larges échantillons. Quelle erreur ! Il suffit que les préfets organisent, par décret ministériel, des réunions de notables et de leaders. Est-ce pour leurs demander leurs opinions, leurs permettre de nous représenter ? Pas du tout, c'est pour leurs délivrer de vagues discours populistes et contenant les insinuations propres à faire ressortir les pires aspects du nationalisme que d'autres érigent en idéologie. Et dans cette brèche ouverte se sont engouffrés les racismes de tous poils et les pires amalgames : le sans-papier est presque terroriste, le musulman est forcement étranger et avoir une identité un peu hors des stéréotypes français et en être fier fait de vous un dangereux communautariste voir pire, cf Tarnac.

Du futur

Le stratagème est néanmoins relativement clair, renforcer son camp tout en épuisant l'adversaire sur de fausses pistes ; car, dans les faits, que c'est-t-il passé ces dernières années ? Les puissants sont plus puissants et surtout plus libres d'abuser de leurs positions, et les faibles sont plus faibles, mais surtout mieux contrôlés pour mieux les soumettre ; les lois ne servent plus l'intérêt commun, mais le particulier. Dans le même temps, et dans la plus grande discrétion, les maigres contre-pouvoirs qui persistaient dans notre société sont systématiquement soit détruits, soit attaqués, soit entravés ; alors que que le pouvoir se dilue dans des sociétés anonymes et se fendille de toutes parts. Pire, la philosophie, la culture et l'art sont totalement hors sujet à moins que l'on ne puisse en afficher un scandale à la une des magazines people ; ce n'est que du divertissement, laissez parler les grandes personnes !
Alors, est-ce que je suis prêt à me projeter dans cette identité nationale imposée, xénophobe, égoïste, où la règle sociale serait la défiance ? Certainement pas ! Déjà pour la sale odeur de totalitarisme du paquet ainsi formé. Mais, hors de tous idéologies, je m'oppose à ce type de civilisation car il présente tous les signes de la décadence.